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La petite danseuse-Sculpture en cire d'Edgar Degas-Modèle Marie Van Goethem-Expo impressionniste de 1881-

Décès de Marie

Décès de Marie Geneviève Van Goethem, épouse Chardon

La disparition d’Isidore Auguste Chardon, son mari

Le 18 mars 1922, Isidore Auguste Chardon s’éteint à Pantin, au 16 bis avenue Jean Jaurès, à 12h35. Il avait 54 ans.
Son épouse, Marie Geneviève Van Goethem, avait alors presque 57 ans. Cette perte marque un tournant dans la vie de celle qui fut jadis la jeune danseuse immortalisée par Edgar Degas.

(modèle de Degas, “La Petite Danseuse de quatorze ans”)

Une veuve isolée après 1922

Au recensement de 1926, Marie n’apparaît plus à Pantin. A-t-elle déménagé ?
Veuve, sans enfant connu, elle semble s’être éloignée du quartier pour peut-être se rapprocher de ses anciens amis d’Aubervilliers.
Mais à cette époque, la plupart de ses proches ont déjà disparu :

  • Maria Ducrétot (décédée en 1913 à 40 ans),

  • Léontine Verdure (1915, à 36 ans),

  • Emile Baudot, son mari (1920, à 45 ans),

  • Irma Argentine Feutry (1921, à 47 ans).

Ses derniers amis à Aubervilliers et Paris

En 1926, les seuls liens amicaux connus de Marie sont :

  • Louis Verdure (56 ans, sans profession) et son épouse Charlotte Perrussel (49 ans, marchande ambulante), résidant 186 avenue Jean Jaurès, Aubervilliers,

  • Emile Victor Verdure (51 ans, scieur) et son épouse Juliette Clémentine Bournelle (39 ans, cartonnière), au 17 rue de Charonne, Paris 11e.

Une vie modeste dans le quartier de la Villette

Vers 1931, Marie s’installe dans le 19e arrondissement de Paris, au 16 bis avenue de la Porte de la Villette.
Elle vit seule et se déclare veuve et marchande en bimbeloterie.
Elle a alors 66 ans, mais son état de santé décline progressivement.

L’hospitalisation à la Salpêtrière

À une date non précisée, Marie est admise à l’hôpital de la Salpêtrière (Paris 13e).
Cet établissement accueillait alors des femmes âgées, souvent isolées ou souffrant de troubles mentaux.
Le registre indique qu’elle souffre de “ramollissement cérébral”, terme ancien désignant probablement une dégénérescence cérébrale ou une démence sénile.

Le transfert à l’hospice de Limeil-Brévannes

Le 17 mars 1934, Marie est transférée à l’Hospice de Limeil-Brévannes (actuel hôpital Émile-Roux, Val-de-Marne), pavillon Cruveilhier.
Elle a alors 68 ans, et ses jours s’écoulent paisiblement dans l’anonymat.

Hospice de Brévannesoù décéda Marie Van Goethem-Porte principale- Début XXème siècle.

La mort de Marie Van Goethem

Le 7 décembre 1935, à 21h, Marie Geneviève Van Goethem décède à 70 ans et 6 mois.
Elle était née un 7 juin et meurt un 7 décembre, dans un étrange écho temporel.


L’acte de décès la mentionne comme :

“Fille d’Antoine Van Goethem et de Marie Van Volson, époux décédés, veuve d’Auguste Chardon, artiste lyrique, domiciliée 16 bis rue du Cardinal Mercier.”

Or, cette adresse est erronée : le 16 bis rue du Cardinal Mercier n’a jamais existé. Le registre fait probablement référence à la rue du Cardinal Mercier (Paris 9e), où résidait sa sœur Louise Joséphine, professeur de danse à l’Opéra.

Acte de décès de Marie Van Goethem. 7 décembre 1935-

Des funérailles dans l’oubli

Le 11 décembre 1935, quatre jours après son décès, Marie est inhumée au cimetière de Limeil-Brévannes, division 17, tombe 41.
Il s’agissait d’une concession en pleine terre de quinze ans, non renouvelée.
Entre 1958 et 1960, ses restes sont transférés à l’ossuaire du cimetière.

Aucune sépulture, aucun hommage public : la muse de Degas s’éteint dans le silence, oubliée du monde qu’elle avait inspiré.

Épilogue

Rien ne prouve que sa sœur, Louise Joséphine Van Goethem, ait assisté à ses funérailles.
Si leurs liens avaient perduré, elle aurait sans doute offert à Marie une sépulture digne de son nom.
Mais ainsi va la vie de la “petite danseuse”, dont la grâce a traversé les siècles, bien que son étoile se soit éteinte dans l’anonymat.

© 2025 Johanie de Valliaco – Recherche historique autour de “La Petite Danseuse de Quatorze Ans” d’Edgar Degas.

Photos © RMN Musée d'Orsay-René Gabriel Ojeda et Patrice Schmidt

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