top of page
La petite danseuse-Sculpture en cire d'Edgar Degas-Modèle Marie Van Goethem-Expo impressionniste de 1881-

Mariage de Marie

Origines et enfance d'Isidore Auguste Chardon

Isidore Auguste Chardon naît le 12 février 1868 à Paris 16ᵉ, dans une famille modeste : son père, Eugène Chardon, est maître jardinier et sa mère, Julie Louise Bizard, est couturière. Après le décès prématuré de son père en 1875, Isidore a seulement 7 ans. Sa mère se remarie avec Eugène Hermant, menuisier à Boulogne, mais le foyer connaît de nouveaux drames, notamment la perte rapide de son demi-frère Eugène Louis né en 1881.

Jeunesse difficile et premiers démêlés judiciaires

La jeunesse d'Isidore Chardon est marquée par l'instabilité et des difficultés judiciaires. Dès 1886, il est condamné pour vols à six mois de prison. Deux ans plus tard, il écope à nouveau d'une peine de prison et d'une amende pour outrage et rébellion. Il quitte Paris pour Évreux, où il travaille comme garçon de café, et ses déplacements deviennent réguliers.

Parcours militaire et condamnation pour désertion

Au service militaire, Isidore est d'abord déclaré apte, puis ajourné, puis absent. En 1889, il est condamné à Évreux pour exploitation illégale d'un débit de boisson. Incorporé au 4ᵉ bataillon d'Afrique comme soldat de 2ᵉ classe, il déserte en avril 1892. Arrêté, il est condamné à deux ans de prison par le conseil de guerre de la brigade d'occupation de Tunisie. Libéré en 1894, il n'obtient pas le certificat de bonne conduite, mais passe dans la réserve la même année.

Instabilité professionnelle et changement de domicile à Paris

Après sa libération, Isidore Chardon multiplie les adresses en région parisienne, passant par Boulogne, Paris 3ᵉ (rue des Fontaines), Paris 10ᵉ (rue du Faubourg du Temple), Paris 11ᵉ (rue Philippe Auguste), Paris 20ᵉ (place Gambetta) et Aubervilliers (boulevard Félix Faure). Entre 1895 et 1906, il subit plusieurs condamnations supplémentaires pour vol, escroquerie et abus de confiance.

Rencontre et vie commune avec Marie Van Goethem

C'est à Paris, entre 1895 et 1900, qu'Isidore Auguste Chardon rencontre probablement Marie Geneviève Van Goethem, ex-modèle de Degas et artiste lyrique. Le couple semble avoir partagé sa vie entre Paris 11ᵉ, Aubervilliers, et Pantin, bien qu'aucun recensement nominatif ne permette d'en attester avant 1911. Cette année-là, ils sont enregistrés à Pantin, cité Clermont, au 16 bis route de Flandre, avec la mention « artiste » pour chacun d'eux.

Mariage à Pantin en 1914

Le 5 août 1914, au lendemain de la déclaration de la Première Guerre mondiale, Marie Geneviève Van Goethem et Isidore Auguste Chardon se marient à la mairie de Pantin. Ils résident alors à la cité Clermont, 16 bis route de Flandre. Les deux époux sont artistes lyriques, orphelins de leurs parents respectifs, et n'ont pas établi de contrat de mariage. Parmi leurs témoins figurent des proches issus du milieu ouvrier d'Aubervilliers.

La route de Flandres -Pantin Aubervilliers-Début du XXème siècle

Engagement militaire durant la Première Guerre mondiale

Mobilisé, Isidore Chardon sert de mars 1915 à février 1916 dans les Gardes des Voies de Communication sous l'autorité du gouvernement militaire de Paris, surveillant routes, voies ferrées et télécommunications. Il est réformé en mai 1916 pour fibrose pulmonaire, puis définitivement pour tuberculose en janvier 1917. Sa maladie, fréquente chez les soldats revenus du front, lui vaut une pension complète à partir de 1920.

Dernières années et décès

En 1921, les recensements à Pantin mentionnent Isidore Chardon (artiste lyrique), son épouse Marie et leur parente Germaine Rublon. Isidore Auguste Chardon décède à son domicile du 16 bis avenue Jean Jaurès à Pantin, le 18 mars 1922, à l'âge de 54 ans.

© 2025 Johanie de Valliaco – Recherche historique autour de “La Petite Danseuse de Quatorze Ans” d’Edgar Degas.

Photos © RMN Musée d'Orsay-René Gabriel Ojeda et Patrice Schmidt

bottom of page